Lever des fonds dans le cadre de la reprise

Est-ce le bon moment ?

Thibaut de Roux : Bien-sûr. Il faut cependant prendre conscience que lever des fonds auprès d’un investisseur est une décision importante qui doit être réfléchie et préparée. Comme toute association, celle avec un partenaire financier constitue une décision structurante dans le développement d’une société.

L’année 2020 et le début de l’année 2021 ont été marqués par la crise sanitaire liée au Covid-19. Comme beaucoup d’autres, l’activité du capital investissement s’est contractée même si de nombreuses opérations ont été menées à bien, notamment dans les sociétés dont les entrepreneurs ont démontré leur capacité à faire preuve de beaucoup d’agilité et de créativité pour parfois adapter, voire transformer pour certains, leur business model. Malgré ces instabilités, nos conseils pour lever des fonds restent, de façon générale, inchangés. Je dirais que la différence se retrouve dans la précision, le détail et l’adaptabilité. Depuis plus d’un an, les enjeux se sont intensifiés et les risques qui y sont liés se sont multipliés. Par ailleurs dans cette situation de « stop & go », un conseil : soyez réactifs et rapides. Il faut savoir passer entre les gouttes !

 

Comment s’y préparer ?

TR : Les questions fondamentales avant de lever des fonds doivent être posées avec davantage d’appui. Ne prenez pas la décision de lever de fonds parce que
vous pensez « être à court de cash ». Une levée de fonds doit permettre à votre entreprise de se développer, de se structurer et de franchir une nouvelle étape de création de valeur. Posez-vous les bonnes questions : Quel a été l’impact de la crise sur mon entreprise ? Est-elle prête à accueillir un investisseur ? Ce dernier est-il en mesure de m’accompagner sur des problématiques qui me sont propres ?

Il est ensuite indispensable de préparer un dossier structuré présentant des perspectives de croissance raisonnables.

 

Faut-il revoir son pitch ?

TR : Les investisseurs sont extrêmement minutieux dans leur due diligence : connaitre l’impact de la crise sur votre activité est indispensable, être capable de maîtriser la reprise et s’adapter aux nouvelles conditions du marché l’est aussi. Quel est le « normatif » ? A la hausse, comme à la baisse. Un investisseur doit pouvoir être rassuré. Votre pitch doit donc être, en effet, repensé puisque celui-ci doit prendre en compte une nouvelle donne, celle de la pandémie et surtout : quelle est la résilience de mon modèle, quelle est la capacité de « rebond » ? Définissez des objectifs atteignables et adaptés à la situation, diversifiez vos activités et soyez réalistes ! Votre optimisme ne vous sera jamais reproché mais « gardez les pieds sur terre » !

 

Comment choisir le « bon » partenaire financier ?

TR : Durant une période difficile et instable, un investisseur peut être un réel soutien dans sa gestion opérationnelle. Choisir le « bon » partenaire vous permettra de bénéficier d’un accompagnement plus solide et de qualité. Si l’année 2020 a été marquée par une hausse de +7% des levées de fonds en valeur mais -16% en volume, selon le baromètre EY, c’est aussi parce que beaucoup d’investisseurs ont concentré leurs efforts au plus près de leur portefeuille pour accompagner les entrepreneurs et les soutenir durant la crise sanitaire. Trouver un partenaire qui partage des valeurs communes est indispensable pour surmonter les difficultés auxquelles vous pourriez faire face. Bref, posez-vous la question de savoir ce qu’un fonds peut vous apporter en plus des capitaux. Un fonds doit être un accélérateur de croissance à tous points de vue.

 

Avez-vous financé des entreprises depuis le début de la crise sanitaire ?

TR : Oui, nous avons financé 4 nouvelles sociétés en 2020 et 2 autres au premier trimestre 2021 ! Autre exemple, nous avons réalisé le closing de notre investissement dans la société Bonne Gueule, lauréat Réseau Entreprendre Paris, le 17 mars 2020, au tout début du 1er confinement ! Nous avons été là, au rendez-vous !