Partie 3 – Lire ses comptes annuels : les questions à se poser

Olga Romulus, Expert-Comptable à la Direction des relations extérieures de Fiducial, vous apporte ses conseils sur l’arrêté des comptes annuels.

 

L’arrêté des comptes annuels avec votre expert-comptable est une excellente occasion d’engager une réflexion sur la santé de votre entreprise et son avenir.

Afin de vous donner quelques clés sur les bonnes questions à se poser, nous vous proposons une série d’articles dédiés à ce sujet. Lors de nos posts du 19 février et du 29 juin, , nous avons abordé la lecture du bilan et du compte de résultat. Nous allons conclure notre série par la résultante de ces flux financiers, à savoir la formation de la trésorerie.

 

Pourquoi mon résultat n’est pas égal à ma trésorerie ?

Si toutes les opérations traduites dans le compte de résultat de l’entreprise étaient réalisées « au comptant », le résultat net aurait une incidence directe et immédiate en trésorerie comme dans une comptabilité de caisse.

Mais dans la plupart des entreprises, la réalité est toute autre …

En effet, la comptabilité est tenue en engagement c’est-à-dire que la charge (ou le produit) est enregistrée comptablement dès qu’il y a connaissance d’un fait générateur comme une livraison de marchandises, la réalisation d’une prestation de services ou encore un courrier faisant état d’un litige.

Le dénouement en trésorerie est donc dans la plupart des cas décalé avec sa réalisation.

 

Des opérations sans flux financier

Certaines opérations traduites dans le compte de résultat n’ont pas d’impact en termes de flux financier.

Ainsi, les amortissements qui correspondent à la comptabilisation de l’usure de certains biens de l’entreprise n’entrainent pas de décaissement.

 

Des événements non concomitants à leurs flux financiers

Certains événements ayant une incidence dans le compte de résultat n’ont pas pour autant leur traduction immédiate en trésorerie.

Par exemple, si une entreprise n’encaisse aucune vente réalisée, elle aura un bénéfice comptable mais aucune trésorerie puisque l’argent dormira chez ses clients !

Sans tomber dans ce cas extrême, il faut néanmoins intégrer que la plupart des achats et ventes se faisant avec des délais de règlement, c’est l’agrégation de ces décalages qui au final pèsera sur la trésorerie de manière cohérente ou non à un instant donné avec le niveau de bénéfice de l’entreprise.

 

L’indispensable prévisionnel de trésorerie !

Alors que le bilan et le compte de résultat présente une vision historique des flux financiers, la trésorerie doit être gérée avec une vision anticipative.

Aussi, n’hésitez pas à demander à votre expert-comptable de déterminer votre prévisionnel de trésorerie à court terme (3-6 mois) qui doit correspondre à la création de trésorerie de votre activité retraitée le cas échéant de vos engagements financiers connus (remboursement d’emprunts, échéances de charges sociales, impôts, …).

Ce document vous permettra de mieux anticiper les éventuelles difficultés et leur caractère ponctuel ou structurel afin de prendre au plus vite les bonnes décisions pour ne pas mettre en péril votre structure en fin d’année.

 

Le conseil de l’expert

La trésorerie est une composante dynamique de la gestion de l’entreprise. Contrairement aux états financiers annuels, il est donc conseillé d’actualiser cette information de manière plus fréquente avec un suivi mensuel ou trimestriel.

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