Se dépasser. Faut-il aimer les défis pour se lancer ?

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Mark Twain.
Rencontre avec Laetitia Ferman, repreneuse de La Métallerie de Kerpont, lauréate de Réseau Entreprendre Bretagne et Albéric de Calonne lauréat de Réseau Entreprendre Rhône co-créateur de Chr-ha.

 

Une juste dose d’insouciance.

Tous les entrepreneurs le confirment : la vie entrepreneuriale n’est pas un long fleuve tranquille. S’ils avaient bien en tête cette vie à rebondissement dans laquelle ils se lançaient, tous n’avaient pas mesuré l’ampleur des difficultés à venir. Et tant mieux, répondront-ils ! Laetitia Ferman, lauréate Réseau Entreprendre Bretagne qui a repris l’entreprise La Métallerie de Kerpont il y a deux ans, ose le dire « Il faut une pointe d’inconscience »

   Il faut une pointe d’inconscience. 

Est-ce cette dose d’inconscience qui permet aux entrepreneurs de prendre le risque de créer ou reprendre une entreprise ? L’histoire d’Albéric de Calonne, lauréat Réseau Entreprendre Rhône, pourrait le faire croire. Ce chef d’entreprise, aujourd’hui à la tête d’une entreprise « qui se porte bien » et compte une dizaine de collaborateurs, a connu quelques émotions fortes : dès la sortie de ses études, il lance une entreprise de création de site internet avant de partir à l’aventure à l’étranger où il se frottera au monde de l’hôtellerie.

De retour en France après quelques années, il ouvre un restaurant qu’il devra quitter en raison de déconvenues avec ses actionnaires. Il rencontrera finalement un investisseur avec lequel il créera une plateforme de mutualisation d’achats pour les indépendants de l’hôtellerie restauration. Après 4 ans de développement du projet, il rachète l’entreprise ; cette fois l’aventure fonctionne et pourtant, ce n’était pas écrit d’avance : « C’était un pari fou au départ ; nos fournisseurs ne voulaient pas s’engager à nos côtés car notre offre était vraiment nouvelle sur le secteur mais le travail – et surement ma bonne étoile – m’ont permis de réussir. » Lorsque l’on demande à Albéric pourquoi il n’a jamais jeté l’éponge, la réponse fuse « C’est par l’échec qu’on avance. L’insouciance m’anime et me permet d’avancer » et il ajoute « Ce que j’aime dans l’entrepreneuriat, c’est que l’on assume ce que l’on fait, on assume ses prises de risque. »

On assume ses prises de risque. 

Et un goût prononcé pour le challenge

« Il faut être présente à tous les niveaux de l’entreprise (financier, RH, commercial) ; cela donne l’impression qu’il faut être parfaite ; qu’on ne peut pas lâcher ». Si Laetitia résume ainsi l’exigence du métier de chef d’entreprise, elle explique aussi les raisons qui la poussent à accepter ce contrat ambitieux : « Certes, je fais face à beaucoup de défis mais quand j’arrive à apporter des solutions, j’en tire une pleine satisfaction. » Ce goût du résultat, Albéric le partage aussi « J’ai besoin d’être dans le challenge pour me prouver des choses, me dire que je suis capable de les surmonter. »

J’ai besoin d’être dans le challenge pour me prouver des choses. 

Construire un collectif pour réussir

Nos chefs d’entreprise seraient-ils alors des superhéros prêts à relever tous les défis pour apporter des solutions à leurs clients ? Pas si simple de vivre au quotidien avec le sentiment d’être celui ou celle sur qui repose le succès. C’est dans une période de fortes difficultés qu’Albéric a trouvé de nouvelles solutions, plus collectives : « le succès est venu de la confiance que j’ai accordé à mon équipe. Je me suis mis à la disposition des équipes et tous ont eu de nouvelles responsabilités ; le collectif nous a permis de réussir. J’ai une équipe merveilleuse !»

Le succès est venu de la confiance que j’ai accordée à mon équipe. 

Et s’entourer pour durer

Si les chefs d’entreprise mettent une énergie incroyable dans leur entreprise et en tirent une satisfaction personnelle forte, ils sont nombreux à évoquer le revers de la médaille : la solitude. Tous évoquent la nécessité d’y répondre en s’entourant « La solitude du dirigeant est clairement la difficulté la plus importante. Il faut adhérer à différents réseaux pour rompre cet isolement et se rendre compte que les problématiques sont les mêmes pour tous » confie Laetitia.

  Le fait d’échanger et partager m’a permis de trouver les solutions

Prendre du recul serait donc plus facile à réaliser avec le soutien de ses pairs. C’est l’une des forces de l’accompagnement de Réseau Entreprendre « Je suis devenu lauréat au moment du rachat de mon entreprise et c’est grâce au Réseau Entreprendre Rhône que je m’en suis sorti. L’accompagnement de mon mentor chef d’entreprise m’a permis de mettre en place plein de choses utiles. Le fait d’échanger et partager m’a permis de trouver les solutions » explique Albéric.

 

Conseil de chef

Il faut adhérer à différents réseaux pour rompre l’isolement et se rendre compte que les problématiques sont les mêmes pour tous.» Laetitia Ferman

Il faut croire dans ses équipes. Le succès est venu de la confiance que je leur ai accordé.» Albéric de Calonne

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