Se développer en revendant une majorité de son capital : les clés de succès.

Edouard Menantaud, co-fondateur de WeFix, a connu la forte croissance et les évolutions successives de son capital pour la financer. Pour accompagner le développement de l’entreprise, il a – avec ses associés -revendu la majorité du capital au groupe Fnac Darty. Pour Réseau Entreprendre, il revient sur son parcours et les clés de succès de ce rachat.

 

Vous avez démarré l’aventure à deux, dans un garage. Mythe ou réalité ?

C’est vrai ! Nous avons commencé à deux avec Gaspard Konrad. J’avais cassé mon téléphone et j’ai pris conscience qu’il n’y avait pas de service de réparation. Nous avons alors lancé notre service de réparation de téléphone à domicile en une semaine, le temps de créer une page vitrine sur internet ! Au bout d’un mois, nous avons fait le bilan : le bouche à oreille était très bon et l’activité fonctionnait bien.

Nous avons décidé de rédiger un business plan qui nous a permis d’évaluer notre besoin financier qui était de 100k euros. Ce fût notre première levée de fonds, réalisée uniquement en love money. Le développement de l’entreprise a pu continuer et nous avons diversifié l’activité avec un service en BtoB.

Nous avions identifié un nouveau levier de croissance fort : l’installation de corner au cœur des flux de clients, dans les centres commerciaux. Pour financer cet axe de croissance, nous avons réalisé une seconde levée de fonds de 800k€.

 

Avec cette seconde levée de fonds, avez-vous fait évoluer la gouvernance de l’entreprise ?

Oui, nous avons fait entrer un nouvel associé qui était très complémentaire de nos profils, à Gaspard et moi. Nous avions l’habitude de travailler à deux, de bien nous connaître : ce fût bouleversant de faire entrer un troisième associé mais vraiment utile pour la suite !

 

Les résultats ont-ils tout de suite été au rendez-vous avec ces corners ?

Le succès des corners a été immédiat et nous nous sommes concentrés sur l’ouverture de ces points de vente : plus de 50 en 1 an et demi ! Nous avons bien fait de réaliser ce pivot dans notre business model ; nous avons pu le réaliser grâce à la prise de conscience que notre valeur ajoutée n’était pas le téléphone mais bien la seconde vie et la réparation de l’objet. Cela nous a poussés à proposer d’autres offres en lien avec ce cœur de mission comme la vente d’une ligne d’accessoires ou des smartphones reconditionnés.

 

WeFix continue donc sa croissance. Pourquoi avez-vous décidé de vendre la majorité du capital au groupe Fnac Darty plutôt que de refaire une nouvelle levée de fonds avec des actionnaires minoritaires ? 

Nous étions à l’équilibre quand nous avons croisé la route de Fnac Darty. Notre première réaction a été de leur dire non. C’est finalement grâce à notre rencontre avec Régis Koenig, Directeur de la Politique Services du groupe,que nous nous sommes rendu compte de l’opportunité que cette prise de participation majoritaire pouvait représenter pour l’entreprise. Au-delà de la ressource financière, il y avait de véritables synergies possibles pour faire grandir encore WeFix. Mais ce qui nous a vraiment décidés, ce sont les échanges humains et le fait de nous rendre compte que nous étions très alignés sur nos visions du marché, avec une conviction commune profonde : s’insérer dans une économie plus circulaire est une nécessité écologique et la condition nécessaire à la création de business models plus vertueux

 

Vous faites un bilan très positif de ce rachat. Arrivez-vous à en décrypter les clés de succès ?

Je crois que le fait d’avoir réalisé des levées de fonds successives nous avait habitués à nous ouvrir, à nous faire challenger par des regards extérieurs et à avoir une façon plus collective de prendre les décisions. Dans nos premières levées de fonds, nous avons eu des entrepreneurs au capital et nous avions constitué avec eux un board, un peu équivalent à un conseil de gestion. Cet esprit collectif m’a toujours rassuré car faire des choix à plusieurs, c’est assumer ensemble les bonnes mais aussi les mauvaises décisions. Cela aide à déculpabiliser quand certaines choses ne vont pas !

L’autre facteur de réussite de notre collaboration avec Fnac Darty c’est l’entente humaine. Ils nous font confiance pour continuer de piloter WeFix tout en étant des facilitateurs pour accélérer les synergies avec le groupe.

 

Avez-vous un conseil à donner à des entrepreneurs qui se posent la question de la montée au capital d’un actionnaire majoritaire ?

Il ne faut pas se précipiter sur la première proposition ou se faire aveugler par les montants proposés. C’est important de regarder le deal en détail et notamment les objectifs fixés pour la sortie. Ces objectifs doivent être atteignables pour s’assurer que tout le monde s’y retrouve.

 

On entend de nombreux entrepreneurs parler de leur entreprise comme de leur bébé. N’est-ce pas difficile de penser qu’un jour l’entreprise grandira sans vous ?

J’ai toujours pensé que l’entreprise n’était pas que la mienne et cela depuis le jour où j’ai ouvert mon capital. WeFix, c’est une aventure collective donc même si c’est effectivement un peu mon bébé, je suis heureux de la voir évoluer et un jour peut-être sans moi.

 

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