Voici le crédo de Marie Eloy qui œuvre par tous les moyens – création d’un école Montessori, d’une association «Femmes de Bretagne » et plus récemment d’une entreprise « Bouge ta Boite » – pour faire bouger les lignes.

RÉSEAU ENTREPRENDRE : Vous avez lancé Bouge Ta Boite pour aider les femmes à développer leur chiffre
d’affaires. Pensez-vous que l’argent soit un tabou chez elles ?

MARIE ELOY : Oui, l’argent est le plafond de verre des femmes entrepreneures. Les chiffres parlent d’eux mêmes : 40% des créations d’entreprise sont portées par des femmes en France mais seulement 12% des entrepreneures arrivent à vivre correctement de leur activité. Je rencontre énormément de femmes qui cherchent avant tout à mettre du sens dans ce qu’elles font ; si on leur permet de croire en leurs forces et de faire grandir leurs entreprises, elles auront du sens et de l’impact ! Je souhaite qu’ensemble nous puissions affirmer notre valeur et valoriser nos compétences, nos expertises, montrer que nous sommes des Bougeuses de lignes avec des entreprises en croissance. Le regard qui est porté sur nous n’est pas toujours évident. Par exemple, tout le monde trouve cela formidable que je sois bénévole à la tête de Femmes de Bretagne, un réseau associatif de femmes entrepreneures. En revanche, quand j’ai lancé l’entreprise Bouge ta Boite, un réseau business, le regard a changé chez certains, avec ce doute en tête « mais en fait, elle veut faire de l’argent ». Ma finalité reste pourtant la même : l’égalité économique. Cela fait écho au livre de Hillary Clinton dans lequel elle raconte « que les femmes sont bien vues quand elles se battent pour d’autres, mais pas quand elles se battent pour elles-mêmes ». C’est cette vision qu’il faut aussi changer.

 

RE : Vous êtes à la tête d’un réseau de femmes et vous avez pourtant sollicité l’appui de Réseau Entreprendre, un réseau mixte de chefs d’entreprise. Pourquoi ?

ME : Chaque réseau a son utilité et sa place. Les réseaux féminins permettent de s’identifier, de partager des problématiques communes, de trouver des rôles modèles, de se booster. Dans les réseaux mixtes, on y trouve une autre énergie et d’autres inspirations, tout aussi utiles. Chez Réseau Entreprendre, je trouve un écho et un soutien à mon ambition. Mon accompagnateur, Matthieu Malledant le fondateur de Telecom Santé, m’aide à voir grand et commercial. Il me pousse à lever mes propres freins !

 

On estime que 30% des faillites sont liées à des questions de gouvernance ; dans ce contexte pourquoi si peu de dirigeants mettent en place les instances qui l’aideront à réussir ? Peur de la perte de contrôle, méconnaissance des principes de gouvernance, manque de temps… Si les raisons qui freinent l’entrepreneur à structurer sa gouvernance peuvent être multiples, les bénéficies – pour ceux qui franchissent le cap – le sont tout autant. Rencontre avec ces dirigeants convaincus des bienfaits d’une gouvernance structurée et adaptée .


Se nourrir des échanges

Si la gouvernance prend des formes différentes d’une entreprise à l’autre, l’ensemble des chefs d’entreprise souligne l’intérêt de ces instances qui permettent d’utiliser intelligemment le collectif comme l’explique Daniel Robin (membre de Réseau Entreprendre Vendée, Groupe Hérige) « si on veut faire croitre l’entreprise, il faut choisir la bonne option et c’est là que le collectif devient utile car personne n’est jamais un stratège avisé seul ». Benoit Thierry (membre de Réseau Entreprendre Atlantique et repreneur de l’entreprise Thierry Immobilier) va plus loin encore en affirmant que « ce serait un suicide pour l’entreprise que de la piloter seul sans avis et confrontation extérieure ! Diriger seul, c’est prendre le risque d’aller droit dans le mur car on a beaucoup trop la tête dans le guidon. »

Chaque entreprise doit donc trouver le modèle de gouvernance qui lui est adapté avec l’objectif de challenger le dirigeant pour lui éviter l’isolement, lui permettre des choix éclairés et soutenir ainsi sa croissance


Le dialogue

La nécessité de s’entourer n’est donc plus à prouver. Reste donc l’épineuse question du choix des personnes à intégrer dans ses instances de gouvernance qui seront aux côtés du dirigeant. Comment les identifier ? Comment les sélectionner ? La réponse n’est pas aisée mais certaines constantes semblent se dessiner. Jérôme Cohade nous explique par exemple que son « critère de sélection premier est la liberté d’expression » afin « que chacun puisse s’exprimer librement ».


Faciliter la transmission et donc la pérennité de l’entreprise

Vincent Lesage est aujourd’hui PDG de l’entreprise BREGER et membre de Réseau Entreprendre Mayenne. Parce que la vie d’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille (il a été confronté au décès du PDG précédent), il sait combien la structuration de la gouvernance est un facteur de pérennité de l’entreprise. « Dans les périodes de transmission ou d’évolution de l’entreprise, la gouvernance devient un outil facilitateur du changement. Quand nous avons fait face au décès du PDG, nous étions alors 4 associés ; il a fallu s’adapter vite et notre choix fût d’impliquer plus encore les cadres de la société dans la gouvernance notamment aux comités stratégiques.»

 

Réseau Entreprendre a développé des outils adaptés à la mise en place d’une gouvernance au sein des entreprises : un référentiel pour des gouvernances efficaces en PME aux édition Réseau Entreprendre et Gouvernance Designer  qui permet de construire une feuille de route adaptée à son entreprise à découvrir ici : www.gouvernace.reseau-entreprendre.org 

Matthieu Queval, fondateur de My Green Shop, était cadre supérieur lorsqu’il s’est lancé dans l’aventure entrepreneuriale. Pour lui, l’accompagnement ressemblait plutôt à une perte de temps, jusqu’à ce qu’il rencontre Réseau Entreprendre. C’est lorsqu’il comprend qu’il rencontrera des problèmes tout au long de la vie de son entreprise et pas seulement au démarrage qu’il décide de pousser la porte de Réseau Entreprendre 93. « J’ai compris qu’il fallait que je m’entoure pour anticiper les problèmes et la meilleure manière de le faire était d’être accompagné par des chefs d’entreprise qui ont connu la même aventure entrepreneuriale et peuvent ainsi m’alerter sur les problématiques de développement à venir. »

Lorsque Sophie Remy est devenue chef d’entreprise, elle avait à cœur de partager son expertise commerciale avec de jeunes entrepreneurs. C’est avec cette envie d’être utile aux autres qu’elle a intégré Réseau Entreprendre 93. Accompagnatrice de Mathieu Queval, elle évoque avec bonheur ce chef d’entreprise à la fibre sociale « j’ai beaucoup apprécié la façon dont Mathieu voyait son entreprise comme un moyen de créer des emplois sur le territoire. Si au début nous avons travaillé sur les processus commerciaux, nous avons finalement assez rapidement traité de RH. Je l’ai beaucoup accompagné sur le dimensionnement humain de son activité. »