Gwenaelle Coffinet et Thierry Petra


  • Découvrez le parcours de Gwenaelle Coffinet et Thierry Petra : Margot-Sodimats

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Quel est votre parcours personnel et professionnel ?

Gwenaelle : J’ai un parcours orienté développement commercial et gestion d’équipes. J’ai toujours évolué dans des environnements PME, où la relation client, la réactivité et la présence sur le terrain sont essentielles.

Mon associé Thierry dispose, quant à lui, d’une solide expérience technique et en gestion d’entreprise. Nous avons tous les deux évolué dans des univers où la maintenance du matériel était directement liée à la satisfaction client.

Dans les métiers de la restauration, l’enjeu est clair : une panne peut empêcher un établissement de travailler. La continuité de service, et donc la capacité à intervenir rapidement pour ne pas interrompre l’activité d’un restaurateur, est aujourd’hui au cœur de notre savoir-faire.

Aujourd’hui, nous dirigeons ensemble la société Margot SODIMATS, spécialisée dans la fourniture, l’installation et la maintenance de matériel de cuisine professionnelle pour les métiers de la restauration : restaurants, hôtels, snacks, boulangeries et collectivités.

Mon rôle est très transversal : développement commercial, structuration interne, communication et accompagnement des clients dans leurs projets de cuisines professionnelles. Nous intervenons aussi bien sur des créations de restaurants que sur le renouvellement d’équipements CHR existants, avec une forte dimension de conseil technique.

Comment vous est venue l’idée de reprendre Margot SODIMATS ?

Nous souhaitions entreprendre, mais sans partir de zéro. La reprise d’entreprise permet de s’appuyer sur une équipe, un savoir-faire et une clientèle existante.

Nous avons découvert SODIMATS dans le cadre d’un projet de reprise. L’entreprise présentait un réel potentiel : une équipe technique compétente, un portefeuille de restaurateurs fidèles et un métier indispensable. Un restaurant peut fonctionner sans marketing pendant quelques jours, mais pas sans chambre froide, sans cuisson ou sans laverie professionnelle.

Le secteur de l’équipement de cuisine professionnelle nous a rapidement convaincus. C’est un marché concret, utile et local. Les restaurateurs ont besoin d’un partenaire de proximité capable d’installer, de dépanner et de maintenir leur matériel rapidement. Nous avons vu l’opportunité de relancer l’entreprise en modernisant l’organisation, la communication digitale et la qualité de service.

Pourquoi entreprendre, quel a été l’élément déclencheur ?

L’envie d’entreprendre vient souvent progressivement. Pour moi, le déclic a été la volonté de maîtriser les décisions et de construire un projet dans la durée. On passe beaucoup de temps à travailler : autant le consacrer à développer un projet qui a du sens.

La reprise a été l’élément déclencheur. Elle permet d’allier sécurisation et ambition : on reprend une entreprise existante, avec des salariés et des clients, tout en lui donnant une nouvelle trajectoire.

Il y avait également une dimension personnelle importante : l’envie de porter ce projet avec un associé de confiance, partageant les mêmes valeurs de travail, d’engagement et de responsabilité vis-à-vis des équipes et des clients.

Nous avons aussi été sensibles à l’impact local : préserver des emplois techniques qualifiés et accompagner les professionnels de la restauration dans leur activité quotidienne. Installer une cuisine professionnelle ou dépanner un four en urgence n’est pas anodin : cela permet à un restaurateur d’ouvrir son établissement et de travailler.

Quels ont été les plus grands défis lors de la reprise ?

Le principal défi a été la phase post-reprise. Une reprise d’entreprise n’est pas qu’un projet financier : c’est un projet humain, organisationnel et opérationnel immédiat.

Nous avons repris la société à une période particulièrement critique du calendrier. Le secteur de la restauration fonctionne par saisonnalité, et la reprise est intervenue en basse saison, donc dans une période financièrement plus tendue pour l’activité.

En parallèle, un agenda exigeant s’imposait à nous : préparer la nouvelle saison commerciale, reconstruire un catalogue produits complet et organiser notre participation au salon professionnel AGECOTEL, incontournable pour rencontrer les restaurateurs de la région. Dans le même temps, nous devions recruter des profils techniques indispensables pour assurer le service après-vente et les installations. Tout cela a dû être mené de front en à peine trois mois.

Il a également fallu reprendre rapidement les relations avec les fournisseurs, rassurer les clients restaurateurs et structurer l’entreprise. Dans notre secteur, le service après-vente est critique : une panne de chambre froide ou de lave-vaisselle professionnel peut bloquer l’activité d’un restaurant.

Nous avons donc travaillé en priorité sur la continuité de service, la réorganisation interne, la communication avec les clients et la modernisation de l’entreprise (site internet, outils, image de marque).

Le défi a aussi été personnel : passer du rôle de cadre à celui de dirigeant implique d’assumer l’ensemble des décisions et des arbitrages, souvent dans des délais courts.

Qu’attendez-vous de l’accompagnement de Réseau Entreprendre Côte d’Azur ? 

Le Réseau Entreprendre Côte d’Azur nous apporte déjà beaucoup : deux parrains chefs d’entreprise expérimentés, du recul stratégique et un réseau d’entrepreneurs locaux.

Lors d’une reprise, il faut prendre rapidement des décisions importantes : recrutement, investissements, organisation, développement commercial. Le parrainage permet d’échanger avec quelqu’un qui a déjà vécu ces situations.

Au-delà du financement, l’accompagnement est essentiel. L’entrepreneur peut vite se sentir isolé. Pouvoir partager ses problématiques avec d’autres dirigeants, confronter ses idées et éviter certaines erreurs constitue un véritable levier de sécurisation du projet.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui hésite à se lancer dans l’entrepreneuriat ?

D’abord, ne pas rester seul. Être accompagné change tout : réseau, mentor, experts, partenaires financiers. L’entrepreneuriat est exigeant, mais beaucoup moins risqué lorsqu’il est préparé.

Ensuite, bien choisir son projet. Il faut comprendre le métier, le marché et surtout les besoins des clients. Une entreprise fonctionne lorsqu’elle apporte une solution concrète. Dans notre cas, aider un restaurateur à équiper ou maintenir sa cuisine professionnelle répond à un besoin quotidien.

Enfin, accepter qu’il n’existe jamais de moment parfait. On n’est jamais totalement prêt. L’important est d’avoir une vision, de la détermination et la capacité d’apprendre rapidement.

Entreprendre, c’est accepter la difficulté pour construire une entreprise utile, pour ses équipes, ses clients et son territoire. Et c’est précisément ce qui rend l’expérience si enrichissante.