Cofondatrice de Kignon, Katia Tardy défend un modèle basé sur l’économie circulaire et l’inclusion. 

Avec ses biscuits issus des invendus de la boulangerie et de l’agroalimentaire, façonnés par des travailleurs en situation de handicap, Kignon s’apprête à changer d’échelle. 

Du haut de ses 40 ans, Katia, Entrepreneure-lauréate de Réseau Entreprendre® Atlantique concilie convictions, valeurs et vie d’entrepreneure.  

Ingénieure agro-alimentaire, spécialisée en marketing, j’ai travaillé huit ans chez Nestlé. En 2015, prise de conscience : je m’installe à Nantes et m’investis au sein d’associations et de start-up engagées pour la protection de l’environnement et l’action sociale. J’y rencontre mes futures associées, Louise Doulliet et Alix Guyot.  

Nous faisons ensemble un constat clair : les ESAT sont pourvus de compétences solides, d’une grande capacité d’adaptation, sont disponibles et réactifs, pourtant, ils manquent d’activité. En parallèle s’ajoute le fait que nous évoluons dans un monde où les ressources sont limitées

De cette double réalité est née la biscuiterie handi-gaspi. Notre modèle, inspiré par l’économie circulaire, collecte les invendus des boulangeries et des industriels agro-alimentaires, les transforme en nouvelles recettes, puis les commercialise auprès des magasins bio, de la restauration collective et de la grande distribution.

Très vite, nous avons conquis nos premiers clients et formé 30 personnes à l’ESAT de Savenay en co-construisant un concept inédit, aidés de psychologues et d’ergothérapeutes.  

Notre marque Kignon connaît un rayonnement national dès septembre 2022, un an après son lancement. Nos biscuits entrent dans les wagons-bars de la SNCF et sont vendus dans la grande distribution (Franprix, Magasins UCarrefour).  

Les industriels cherchent à valoriser leurs matières non commercialisables et se tournent vers nous pour y parvenir. Il y a plusieurs milliers de tonnes par site de production à transformer ! Ces grands noms de l’industrie nous proposent de valoriser : des coques de macaron, des crêpes, des brioches…. Nous collaborons aujourd’hui avec TipiakDaunat et So Fast So Good afin d’expérimenter un modèle de production directement sur leurs lignes, en intégrant des travailleurs en situation de handicap au cœur du processus

C’est par le volume que nous parviendrons à faire de l’économie circulaire un véritable levier pour bouger les lignes et maximiser notre impact. Chaque jour, nous sauvons 500 baguettes de pain pour fabriquer 30 000 biscuits !

Nous avons rejoint Réseau Entreprendre® en décembre 2021 pour le parcours Création. C’est l’un des réseaux les plus structurants que je connaisse. Il permet de se poser les bonnes questions, de rencontrer les bons acteurs et ainsi de limiter les risques.

Notre accompagnateur, Pierre Chartier, acteur de la GMS à Nantes, continue à nous suivre ! Sa posture bienveillante nous aide. Les temps de convivialité au sein de Réseau Entreprendre® créent des liens très forts avec les autres dirigeants : c’est vraiment la puissance de ce réseau ! 

Se faire confiance, oser et bien s’entourer. L’entrepreneuriat n’est pas assez féminisé, c’est plus dur de convaincre des partenaires ou des investisseurs quand on est une femme. À nous trois, nous œuvrons pour l’inclusion, l’économie circulaire et le bien manger et c’est encore difficile ! Mais il faut croire en ses idées !
Le monde de l’entreprise bénéficie d’un écosystème solidaire qui nous aide à grandir.  

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