Philippe Salvan a fondé il y a 20 ans Supralog. L’entreprise propose des solutions & services numériques aux entreprises. Aujourd’hui, elle se compose d’une équipe de 50 personnes, à 95% des ingénieurs IT. Philippe Salvan nous raconte son expérience d’accueil d’un artiste plasticien en résidence.

 

Vous avez accueilli un artiste en résidence dans le cadre du programme proposé par le Ministère de la Culture en partenariat avec Réseau Entreprendre. Pourquoi avez-vous choisi de vous lancer dans cette aventure ?

Au sein de Supralog, nous accompagnons des startups depuis 5 ans et avons lancé récemment un espace d’hébergement qui leur est dédié et nous apporte de l’agilité et de nouvelles perspectives dans les réponses à nos clients. Depuis 2 ans que ce Supralog-Labs existe, je mesure combien ces interactions ont apporté en créativité aux équipes. Quand j’ai découvert l’appel à résidence d’artiste chez Réseau Entreprendre, j’ai immédiatement fait le rapprochement : la démarche d’interaction est assez analogue et repose sur la confrontation constructive de deux « terrains de jeu » différents que l’on fait dialoguer. Je pense en effet que créer des occasions de faire dialoguer des acteurs aux centres d’intérêt divers, sans souci immédiat de productivité, peut apporter beaucoup aux relations au sein de l’entreprise.

Créer des occasions de faire dialoguer des acteurs aux centres d’intérêt divers, sans souci immédiat de productivité, peut apporter beaucoup aux relations au sein de l’entreprise. 

 

Comment s’est fait le choix de l’artiste et le cadrage du projet ?

La Déléguée Régionale à la culture (DRAC) et la directrice de l’Espace d’Art Concret m’ont proposé de rencontrer un plasticien, Mathieu Schmitt, qui utilise le matériau numérique et les technologies numériques dans son processus de création. Le lien était donc évident avec notre activité. N’imaginez pas cependant qu’il s’agissait de « passer commande », c’était le sens de la démarche qui était important plus que la recherche de résultats.

Nous avons convenu de laisser à l’artiste une grande liberté. Dans notre cas, le format retenu fut celui de deux périodes d’immersion de trois mois chacune, à raison d’un jour par semaine de présence et d’une semaine d’immersion dans l’entreprise.

 

Quels apports retenez-vous de cette expérience ?

Nous constatons que les interactions qui naissent de la rencontre sont riches, mais il n’est pas toujours aisé de créer de l’échange : timidité, autocensure, réserve et/ou sentiment de méconnaissance réciproque des deux « publics ». Comme le renard et le petit prince, il faut s’apprivoiser ! Certains collaborateurs se sont surtout intéressés à la technologie utilisée par l’artiste, d’autres plutôt aux œuvres. Pour l’artiste aussi il y a eu de véritables apports : en discutant avec nos chefs de produit, ils ont identifié ensemble des sources de données issues de nos plateformes, dont Mathieu s’est servi pour chercher à générer des ambiances sonores par exemple. Il a également pu utiliser ces jeux de données pour alimenter le contrôle de bras articulés afin de sculpter ou peindre du matériau physique. Pour un dirigeant, il est réjouissant de faire en sorte que l’entreprise soit aussi le lieu de rencontres, d’échanges et d’enrichissement personnel. Cette expérience apporte un supplément d’âme à Supralog, qui se veut ouverte sur le monde, et lui ouvre encore de nouveaux horizons.

il est réjouissant de faire en sorte que l’entreprise soit aussi le lieu de rencontres, d’échanges et d’enrichissement personnel. 

L'artiste Mathieu Schmitt échange avec les salariés de supralog

 

Artiste : Mathieu Schmitt : www.mathieuschmitt.com

Entreprise : www.supralog-labs.com / www.supralog.com