Franchisé, soignez votre plan de financement

Parole de pro en partenariat avec La Banque Postale : Hélène PLA, Responsable Pôle Franchise.

Hélène PLA de La Banque Postale vous apporte ses conseils pour construire un plan de financement qui rassurera les financeurs. Elle revient aussi sur les premières étapes pour se lancer. 

 

Comment le franchisé doit-il construire son plan de financement ?

Nous n’avons pas toujours une seconde chance de faire une première bonne impression. Le futur franchisé doit préparer soigneusement son plan de financement en se faisant conseiller d’un expert-comptable.

Ce document socle qu’est le plan de financement, décrit tous les besoins de financement du projet à court et moyen terme. Il se matérialise sous forme de tableau et liste :

  • Tous les besoins financiers de l’entreprise : investissement, stocks, coût de communication, trésorerie de démarrage etc.
  • Les moyens de financement (Les ressources) : apports personnels, prêts bancaires, prêts d’honneurs, autres prêts etc.

Les besoins financiers durables (investissements) doivent être couverts par des ressources moyen-long terme (capital, emprunt, …).

Le Plan de financement sert à rassurer le banquier sur la viabilité du projet et bien sûr la capacité de l’entreprise à rembourser les emprunts contractés.

Le niveau d’activité attendu par l’entreprise doit lui permettre de couvrir ses charges, les redevances qu’il versera au franchiseur, le remboursement de l’emprunt bancaire et bien sûr sa propre rémunération.

 

Quelles sont les premières étapes incontournables que le futur franchisé doit mener avec sa banque ?

Convaincre son banquier

Le futur franchisé par sa motivation et la qualité de son dossier doit prouver que son projet est viable.

Constituer un dossier complet

 Ce dossier devra comprendre :

  • Une présentation de son parcours : ses motivations à créer son entreprise, l’adéquation avec son projet et enfin en quoi son profil et ses compétences seront-elles utiles dans sa nouvelle activité ?
  • Les éléments financiers personnels : avis d’imposition, fiche patrimoniale, étude de la situation personnelle et familiale.
  • Une présentation du franchiseur : le secteur d’activité, le positionnement de cette enseigne dans ce secteur, le concept, la formation que le franchiseur va lui dispenser, son assistance, (le DIP, le contrat, les comptes du franchiseur, du site pilote ou d’un franchisé sur une zone équivalente, ..), les clients, les concurrents.
  • Les éléments financiers : le compte de résultat prévisionnel, le plan de financement, le plan de trésorerie.

Le banquier va bien sûr s’intéresser à l’activité, à l’enseigne choisie. Il va s’attacher à l’adéquation homme/projet : est-ce que cette activité correspond aux compétences, au profil du futur franchisé ?

Le futur franchisé devra être en capacité d’expliquer son Business Plan et prouver son aptitude à devenir chef d’entreprise.

 

Selon vous, quel est le bon moment pour un entrepreneur qui souhaite développer son entreprise en franchise ? Quelle question doit-il ou elle se poser ? 

La franchise est la reproduction d’un business model innovant et rentable. La rentabilité du concept doit donc être prouvée, sur plusieurs sites et pendant plusieurs années. Il conviendra de vérifier que les futurs franchisés seront eux aussi rentables en payant les différentes redevances (que les succursales ne paient pas).

Le concept doit être duplicable, c’est-à-dire facile à reproduire. Il faut avoir la capacité de transmettre son savoir-faire et rédiger un manuel opératoire très détaillé et définir l’assistance à apporter à vos futurs franchisés.

Il est important de réaliser une étude de marché et ne pas hésiter à se faire aider par des sociétés spécialisées pour déterminer le potentiel, les implantations etc.

Il est indispensable de rédiger le contrat de franchise avec un avocat spécialisé. Ce document doit détailler les services fournis aux franchisés et leurs coûts.

Le recrutement des futurs franchisés ne doit pas se faire de façon hâtive, avant que toutes les étapes précédentes n’aient été validées. Il convient en amont de définir : la formation, le parcours d’intégration.

Toutes ces démarches constituent un investissement financier à ne pas négliger.

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