La gestion d’une flotte automobile est autant un levier stratégique qu’un facteur de risque pour une entreprise. Rémy Bourdier, ancien président de la Fédération Réseau Entreprendre® (2022-2025) et président du groupe français Oviance, spécialisé dans les métiers techniques liés à l’énergie, témoigne. Après une phase de forte croissance ayant porté la flotte jusqu’à 1 400 véhicules, le groupe possède aujourd’hui un parc de 200 véhicules.

Tout d’abord, il est important de noter que la typologie du véhicule dépend du travail du collaborateur dans l’entreprise. Un technicien n’aura pas le même type de voiture qu’un responsable commercial.

Ensuite, le critère le plus important est l’usage. Ceux qui font 50 000 km auront une voiture plus confortable que ceux qui ne font que de la ville. Il est essentiel d’adapter la voiture en fonction de son usage, de la nature du travail que le collaborateur va faire et de son environnement.
Enfin, se posera la question du type de véhicule : électrique, thermique, ou hybride.

Le critère principal reste néanmoins l’usage.

Flotte automobile

C’est un sujet très important et structurant pour l’entreprise. À l’époque, je n’avais pas les moyens d’acheter autant de véhicules. J’ai donc opté pour la location longue durée (LLD).

La LLD nécessite de savoir le nombre de kilomètres que le collaborateur va parcourir et sur combien d’années de contrat. Il y a d’importantes contraintes à connaître quant à la restitution du véhicule. Lors de cette étape, le loueur fait passer un expert qui recense chaque détail dans un cahier des charges.

Dans l’intérêt de l’entreprise, l’idéal est d’acheter les véhicules. Cela permet de sensibiliser les collaborateurs de manière différente, de capitaliser et surtout de ne pas payer d’importantes sommes au loueur pour la remise en état. J’avais fait le choix de 80% de voitures en LLD et 20% en achat de voitures neuves principalement, ou d’occasion quand l’opportunité se présentait.

En ce qui concerne les voitures neuves, j’ai créé une structure appartenant au Groupe. Celle-ci les achète puis les loue aux filiales ce qui présente plusieurs intérêts pour la structure : d’une part elle capitalise et d’autre part, grâce au statut de « loueur », récupère la TVA sur des voitures deux et cinq places, ce qui n’est pas possible en France pour les voitures cinq places sans ce statut.

Désormais, j’achète d’abord les véhicules, puis quand j’ai atteint le plafond d’emprunt, j’opte pour de la LDD.

Tous nos contrats de LLD étaient des « contrats secs », c’est-à-dire sans option, les loueurs prenant une marge importante pour la maintenance qui est intégrée dans le contrat.

Lorsque ma flotte automobile comptait 1400 véhicules, nous avions un service interne constitué de trois personnes à temps plein pour la gérer (entretien, parking, carte grise, assurance…).
Aujourd’hui, avec 200 véhicules, j’ai revu ma façon de fonctionner. Il n’y a plus de service de gestion de la flotte automobile et le directeur de chacune de nos filiales (n.d.l.r : 5 filiales) gère sa flotte. Ceci implique que chaque mois un audit et une vérification de l’état de chaque véhicule soient réalisés. Nous procédons également au contrôle des permis de conduire des salariés usagers : si l’un d’entre eux ne l’a plus et qu’il provoque un accident, c’est le chef d’entreprise qui est responsable pénalement, ce pour n’importe quel type de structure juridique.