
Depuis Labastide-Rouairoux, Manon Pistre est la 7ᵉ génération à diriger l’entreprise Pistre.
Entrepreneure-lauréate de Réseau Entreprendre® Tarn Aveyron, elle a aussi bénéficié d’un prêt d’honneur complémentaire à taux zéro proposé par le Crédit Agricole. Ce dispositif d’aide résulte du partenariat régional visant à accompagner les entrepreneurs en zone rurale.
Découvrez les atouts et les défis d’une reprise d’entreprise familiale en zone rurale à travers l’interview de cette dirigeante passionnée.
Reprendre une entreprise familiale en étant la 7ᵉ génération, c’est à la fois un honneur et un défi. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous engager dans cette aventure ?
Ce qui m’a motivée, c’est l’envie d’apporter ma vision et mon expérience. Le défi de préparer l’avenir de la menuiserie de la faire évoluer, tout en préservant son savoir-faire, la qualité de son travail et ses valeurs humaines.
Être la 7ᵉ génération donne un sentiment de responsabilité : il y a une réputation à maintenir et tout le travail construit par les générations précédentes. Une reprise d’entreprise, c’est de longs mois de réflexion avant de se lancer.
Développer une activité en milieu rural a ses particularités. Quels sont, selon vous, les principaux atouts de votre territoire, mais aussi les défis auxquels vous êtes confrontée ?
L’entreprise s’appuie sur un savoir-faire artisanal et des équipes qualifiées, l’ancrage local est une vraie force. Nous avons la chance d’évoluer dans un environnement où les relations humaines, la proximité et la confiance ont encore beaucoup d’importance. Cependant, le milieu rural présente un défi important en matière de recrutement et d’attractivité du territoire. Les profils qualifiés sont difficiles à trouver, il faut réussir à attirer des personnes qui ne vivent pas dans le secteur.


Qu’est-ce que l’accompagnement de Réseau Entreprendre® Tarn Aveyron vous a apporté ?
Réseau Entreprendre® Tarn Aveyron m’a permis de ne pas vivre cette reprise d’entreprise isolée. Lorsqu’on reprend une entreprise, il y a beaucoup de sujets à gérer simultanément : la stratégie, le financement, le management, mais aussi la transmission et la construction de la légitimité en tant que nouvelle dirigeante.
Cet accompagnement me permet de prendre du recul, d’échanger avec des chefs d’entreprise qui connaissent ces problématiques et ces enjeux.
Quels défis avez-vous dû relever en matière de financement ? Comment le Crédit Agricole vous a aidée à les relever ?
Il faut trouver le bon équilibre entre le financement de la reprise d’entreprise et la capacité de celle-ci à continuer d’investir et de se développer.
L’un des enjeux était de construire un montage suffisamment solide pour sécuriser la reprise sans fragiliser l’avenir de l’entreprise. Le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées nous a accompagné dans cette structuration.
Au-delà de l’aspect purement bancaire, il était important que notre financeur comprenne l’entreprise, son histoire, son activité et la vision qu’on porte pour les prochaines années.
Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur qui se lance dans un projet de reprise d’entreprise familiale ?
D’abord prendre le temps de bien distinguer l’histoire familiale du projet entrepreneurial. Il faut beaucoup communiquer avec la génération qui transmet, car les attentes, les habitudes et les façons de travailler sont différentes.
Je conseillerais de bien s’entourer, trouver des conseils extérieurs spécialisés, c’est indispensable. Enfin, il faut accepter que la légitimité se construise dans le temps. Le nom de famille peut ouvrir la porte, ensuite il faut trouver sa place, prendre des décisions et montrer que l’on est là pour faire vivre et développer l’entreprise sur le long terme.