Damien Mouchel (à droite) accompagné de son équipe.



Anodine, Entreprise-lauréate de Réseau Entreprendre® Isère, réindustrialise la production en France d’un composant-clé dans le traitement et la désinfection de l’eau.

Son président, Damien Mouchel dit Leguerrier, nous témoigne de l’importance pour les entreprises mais aussi les particuliers, de se saisir de cet enjeu majeur que représente la problématique de l’eau. 

Pour nous, l’eau est effectivement un grand défi et plus particulièrement son traitement. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’UNICEF, près d’un quart de l’humanité (soit environ 2,1 milliards de personnes) n’a toujours pas accès à une eau potable gérée de manière sûre. Ce chiffre rappelle qu’au‑delà de la disponibilité de la ressource, le traitement et la désinfection de l’eau sont de réels enjeux sanitaires et environnementaux.  

Rendre l’eau « propre » est donc une étape clé dans tous les contextes  : traiter l’eau d’une piscine, désinfecter les eaux usées à la sortie d’une industrie, simplement rendre l’eau potable…  

Le chlore reste le désinfectant le plus utilisé dans les procédés de traitement. Il est efficace, accessible et capable de protéger l’eau tout au long de son transport dans les réseaux. Chez Anodine, notre intérêt était de trouver la meilleure façon de le produire et de le maîtriser. Pour cela, nous nous sommes positionnés sur la technologie et plus précisément le composant qui permet la transformation chimique du chlore en agent désinfectant permettant d’avoir une eau de bonne qualité. C’est l’électrolyse du sel qui permet cela. Les anodes, qui sont au cœur de ce procédé, jouent un rôle-clé : elles permettent la transformation du sel en chlore actif, sans transport ni stockage de chlore industriel. L’anode est une plaque en titane sur laquelle nous venons mettre un revêtement de métaux rares.  

Le marché des anodes est partagé par deux entreprises à travers le monde, qui en grande majorité produisent en Chine. Leur procédé est très artisanal. Chez Anodine, nous avons étudié et développé, avec l’université Grenoble Alpes et le CNRS, une technologie qui permet au revêtement de l’anode de consommer deux fois moins de métaux critiques que la concurrence. C’est un avantage écologique et économique qui nous permet de réindustrialiser la production des anodes en France

Notre contribution au défi de l’eau se situe donc à ce niveau : améliorer les technologies de traitement et de désinfection, afin de rendre ces systèmes plus souverains, plus durables, plus sûrs et plus compatibles avec les enjeux environnementaux et industriels d’aujourd’hui

Lorsque l’on travaille sur les enjeux de l’eau, il est important d’adopter une approche cohérente et globale. Le traitement et la désinfection de l’eau sont essentiels, mais ils reposent sur des équipements industriels dont l’empreinte environnementale mérite aussi d’être prise en compte. 

Les technologies de traitement de l’eau, et en particulier celles basées sur l’électrolyse, s’appuient sur des anodes qui intègrent traditionnellement des métaux rares ou critiques. Or, l’extraction et la transformation de ces matériaux ont elles‑mêmes des impacts environnementaux significatifs. Pour nous, il est donc essentiel que les solutions mises en œuvre pour protéger la ressource en eau soient alignées avec les objectifs de sobriété et de durabilité. C’est d’ailleurs la raison d’être de notre entreprise : faire en sorte qu’une ressource rare utilisée avec bon sens devienne anodine. Pour cela, nous nous intéressons à chaque étape du cycle de vie du produit (fabrication du sourcing, éco-conception, gestion de la fin de vie…).  

Nous parvenons donc à minimiser notre impact à la fois avec des brevets qui nous permettent d’avoir de meilleurs alliages et donc de meilleurs revêtements qui sont intrinsèquement moins consommateurs. Également, nous mettons en place toute une filière de recyclage, notamment des réseaux, pour récupérer les cellules d’électrolyse usagées. Le circuit est simple : récupérer les anodes en fin de vie, puis retirer les métaux qui sont dessus pour ensuite les réinjecter dans notre production (avec l’aide d’acteurs experts de la transformation). Aujourd’hui, avec le même procédé de fabrication, nous sommes capables de fabriquer des anodes neuves et des anodes qu’on appelle « up-cyclées ». 

L’ensemble de ces actions nous permet d’aller vers un produit plus sobre et plus respectueux de la planète. Nous optons pour une approche responsable, axée sur la durabilité et le respect des ressources naturelles. 

L’eau est une ressource assez critique. Il faut en avoir conscience et penser en conséquence nos process de fabrication d’un produit dès l’éco-conception. Comment faire pour que ma structure/mon produit limite sa consommation en eau ? Comment concevoir des produits plus durables ? Comment s’assurer que la solution mise en place n’a pas d’impact environnemental ailleurs ? etc. 
Plus nous menons une réflexion en amont, plus nous sommes en capacité d’intégrer les enjeux liés à l’eau dans notre cahier des charges. 

L’eau est une ressource qu’on ne trouvera pas partout. Anticiper cette réalité dans ses process de fabrication, ses choix technologiques et ses investissements est un véritable levier de résilience pour les entreprises. 


Pour aller plus loin : Réseau Entreprendre® et la Fédération Nationale des Banques Populaires ont conçu un guide sur les enjeux de l’eau pour les TPE-PME disponible ici : 

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