Bruno Fradin Propreté (BFP), entreprise de nettoyage accompagnée par le Réseau Entreprendre Vendée, a fait du nettoyage écologique un pilier de sa stratégie pour préserver l’eau.

Son gérant, Nicolas Montigny, nous explique comment son entreprise repense méthodes, matériel et formation pour nettoyer autant, voire mieux, avec beaucoup moins d’eau.

Chez BFP, notre métier est directement concerné. Pour nettoyer, on utilise forcément de l’eau et des produits chimiques. C’est un sujet sur lequel l’entreprise travaille depuis longtemps. Elle a d’ailleurs reçu des trophées pour son engagement en faveur du développement durable en 2011 et 2015. Quand j’ai repris l’entreprise en 2023, j’ai donc naturellement souhaité poursuivre ces engagements RSE.

Pour moi, dire simplement que l’on souhaite consommer moins d’eau serait réducteur. La vraie question est ailleurs. Pour chaque prestation, comment obtenir le même résultat, voire un meilleur résultat, avec moins d’eau, moins de chimie et une méthode plus efficace ? C’est exactement ce que permet le nettoyage écologique. Il ne s’agit pas de réduire les moyens, mais de repenser chaque geste.

Concrètement, nous travaillons avec le cercle de Sinner, une méthode qui repose sur quatre facteurs : le temps, l’action mécanique, l’action chimique et la température. En renforçant l’action mécanique, par exemple, on peut réduire l’action chimique. C’est dans cette logique d’économie et d’écologie que notre démarche prend tout son sens.

Il y a souvent un réflexe tenace dans notre métier. Celui de penser que plus on met d’eau et de produit, mieux on nettoie. Chez BFP, nous essayons justement de faire passer un autre message. Nous utilisons des produits concentrés et nous avons revu la taille de nos pulvérisateurs.

Sur le terrain, plusieurs équipements changent la donne. Pour la vitrerie en hauteur, par exemple, des systèmes d’eau osmosée évitent de travailler à grandes eaux. De la même façon, les nettoyeurs vapeur permettent une désinfection efficace avec une quantité d’eau très restreinte et sans chimie. Enfin, pour les traitements de façade, des techniques par drone limitent les apports d’eau et de produit, la pluie assurant ensuite un rinçage naturel au lieu d’un second passage à l’eau. Si on devait se fixer un objectif global, je pense qu’on pourrait viser jusqu’à 70 % d’économie d’eau sur certaines prestations.

Mais le matériel ne suffit pas à lui seul. Il faut aussi former les agents au bon dosage et aux bonnes méthodes. Nous travaillons avec un CFA basé à Rennes pour former régulièrement nos équipes aux techniques de nettoyage et aux évolutions du métier en matière d’écologie et d’économie. C’est un axe auquel nous accordons une grande importance.

Le premier enseignement, c’est que l’écologie et la performance ne sont pas opposées. Moins d’eau, c’est aussi moins de manutention pour les agents, car porter un bidon de cinq litres toute la journée n’est pas anodin. C’est un peu l’effet boule de neige. Plus on porte de charges lourdes, plus on épuise les salariés et plus le risque d’arrêt de travail augmente. En réduisant ces charges, on obtient donc un vrai gain physiologique, un gain de sécurité, et par extension, un gain de temps.

Pour le client, le bénéfice est à la fois économique et environnemental. C’est devenu un vrai critère dans les appels d’offres et les cahiers des charges. Quand une entreprise peut faire confiance à un prestataire qui pratique un nettoyage écologique, c’est un plus.

Nous restons également en veille sur ce que développent nos partenaires, pour continuer à faire évoluer nos pratiques. C’est comme ça que nous nous sommes équipés d’un système d’eau ozonée obtenu par électrolyse, qui donne temporairement à l’eau des propriétés désinfectantes sans ajout de chimie.

Mon premier conseil serait d’être proche de ses salariés, pour observer l’usage réel qu’ils font de l’eau au quotidien. On imagine souvent que la transition environnementale nécessite un gros investissement. Finalement, une meilleure méthode, un meilleur dosage, une meilleure formation ou un matériel réellement adapté peut déjà tout changer.

Cet engagement relève aussi d’une démarche entrepreneuriale, qui suppose de tester. Quand j’ai repris l’entreprise, j’ai fait le choix d’essayer différentes solutions. Certaines n’ont pas fonctionné, mais celles qui ont fait leurs preuves ont ensuite pu être déployées, avec la conviction qu’elles sont réellement efficaces.

Préserver l’eau ne signifie pas dégrader la qualité du nettoyage. Il s’agit de travailler différemment, avec des innovations plus locales et plus économiques, qui améliorent aussi les conditions de travail des agents en réduisant leur exposition aux produits chimiques. C’est une façon de moderniser un métier traditionnel qui mérite d’être valorisé.


Pour aller plus loin : Réseau Entreprendre® et la Fédération Nationale des Banques Populaires ont conçu un guide sur les enjeux de l’eau pour les TPE-PME disponible ici : 

À lire aussi :

Luniwave réinvente la consommation d’eau dans les hôtels
Anodine relocalise en France un composant clé du traitement de l’eau
FNBP x Réseau Entreprendre® un partenariat renouvelé pour soutenir les entrepreneurs dans leur gestion de l’eau