Les Alchimistes Hauts-de-France : faire changer le système de l’intérieur

Si il y a quelque chose de commun chez les acteurs de l’Economie sociale et solidaire (ESS), c’est leur détermination à faire bouger les lignes, proposer des solutions nouvelles, agir pour le bien commun et le futur. Cette conviction, on la trouve donc logiquement chez Foucauld Watine, co-fondateur et président des Alchimiste Hauts-de-France accompagnés par Réseau Entreprendre® Nord. Il nous decrypte le statut d’une Entreprise solidaire d’utilité sociale (Esus).

Foucauld, avant de nous expliquer ce qu’est le statut des Alchimistes, pouvez-vous nous décrire votre activité ?
On propose une solution de collecte douce (n.d.l.r. : à vélo) de déchets alimentaires aux secteurs de la restauration classique et collective (reste de repas, épluchures…) et de la distribution (invendus…). Ils sont ensuite recyclés et valorisés à travers le compostage pour redonner vie ensuite aux sols. On est 12 salariés, avec un chiffre d’affaires de 360k€ en 2022 pour 1000 tonnes collectées par an. Notre objectif étant de passer à 4000 tonnes d’ici 2024 et 30 collaborateurs.

Pourquoi avoir cherché l’agrément ESUS ?
On est une SAS avec un agrément ESUS : cela certifie l’entreprise sur sa dimension solidaire et sociale. On rentre ainsi dans le champs de l’économie sociale et solidaire, aux côtés de structures de type associatif. C’est une labélisation décernée par le ministère du Travail aux entreprises ayant une mission sociale. On s’est posé la question de monter une SCI mais le système de financement ne correspondait pas à nos besoins, notamment pour nos moyens matériels. On a fait le choix d’une SAS avec un agrément ESUS. Il vient entourer et cadrer nos process et permet de marier économie traditionnelle et économie nouvelle.

Quels sont vos principes fondateurs ?
On a posé un ensemble de règles : on doit prendre soin de l’environnement, avoir un dispositif d’insertion par l’emploi, une politique de rémunération encadrée, un capital non côté en bourse et prouver que la recherche de l’utilité sociale à un impact sur la rentabilité de l’entreprise.

Certains trouveront cela contraignant. Pourquoi l’avoir fait ?
Cela nous permet de nous démarquer et de faire valoir notre particularité lors d’appels d’offres. On souhaite créer un nouvel échelon dans la filière industrielle (la micro-industrie) dans un bassin urbain, pour créer des emplois pérennes et valoriser la nature locale. Notre solution vient cibler les petites productions, aujourd’hui mal adressées.

Réseau Entreprendre® va dans le bon sens. Il se tourne de plus en plus vers des entreprises moins classiques, il évolue avec son temps. 

Pourquoi avez-vous frappé à la parte de Réseau Entreprendre® Nord ?
Réseau Entreprendre® Nord est très connu sur Lille. On cherchait des financements pour le projet et à acquérir de la crédibilité en tant qu’entrepreneurs. On savait que le processus d’accompagnement était très bien pour obtenir des conseils et de l’aide. L’accompagnement est dense et structurant.

Comment s’est passé votre accompagnement au regard de votre statut d’entreprise ?
Nous avons commencé notre projet au moment où le programme Impact était lancé chez vous. Réseau Entreprendre® Nord était à la recherche d’entreprises dans cette mouvance. Ils avaient la volonté de faire la place à des sociétés comme la nôtre. Car même si on est des micro-industriels, on va procéder avec les méthodes d’une entreprise classique. Notre idéologique est de collaborer avec le système « classique » pour le faire changer de l’intérieur, en utilisant des outils similaires, pourvu qu’on ne déroge pas à notre mission initiale. En ce sens Réseau Entreprendre® va dans le bon sens. Il se tourne de plus en plus vers des entreprises moins classiques, il évolue avec son temps.

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