Dirigeant de la société Pro Easy Print et président de Réseau Entreprendre® Alsace, Rémi Herquel met l’accent sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Son objectif : prendre soin de sa santé et de celle de ses collaborateurs.
Dans cette interview réalisée en partenariat avec Harmonie Mutuelle, il partage ses outils et conseils concrets pour prendre soin de soi, sans sacrifier la réussite de son entreprise.

Rémi, selon vous, en quoi consiste le fait d’avoir un bon équilibre vie professionnelle – vie personnelle ?
Pour moi, la première étape consiste déjà à se poser cette question, car chacun trouvera une réponse différente en fonction de sa situation et de ses priorités. Cet équilibre dépend à la fois de nos besoins personnels et de nos engagements professionnels.
Il est important de prendre en compte les attentes de son entourage familial et amical, mais également de réfléchir à la manière dont son entreprise peut fonctionner, avec ou sans notre présence. Cela suppose d’identifier les missions qui peuvent être déléguées et celles sur lesquelles notre valeur ajoutée est essentielle. Trouver cet équilibre implique nécessairement de faire certains choix et parfois quelques concessions.
Personnellement, je considère ma vie personnelle avec la même attention que ma vie professionnelle. Lorsque je m’engage sur un rendez-vous ou un moment partagé, qu’il soit privé ou professionnel, je veille à être pleinement présent et disponible.
Vous avez assisté à plusieurs conférences et séminaires sur le sujet. Quel est le déclic ou le conseil qui vous a le plus marqué ?
Effectivement, ce sujet m’a toujours intéressé. J’ai assisté à beaucoup de formations sur la gestion du temps, la connaissance de soi, la manière de bien exercer son métier… Je participe aussi régulièrement aux séminaires et conférences proposés par Réseau Entreprendre®, ainsi qu’à ceux du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD).
C’est d’ailleurs lors d’un de ces événements que j’ai été particulièrement marqué par l’intervention du dirigeant d’IKEA qui expliquait que sa règle principale consiste à placer sa famille en priorité. Concrètement, il se fixe une heure pour terminer sa journée de travail, s’y tient et se déconnecte totalement à partir de ce moment-là. De la même façon, il considère que le week-end doit être pleinement consacré à la vie personnelle. Selon lui, cet équilibre familial contribue directement à sa réussite professionnelle.
Cette vision a résonné avec ma propre conviction : la performance d’une entreprise ne dépend pas uniquement du nombre d’heures travaillées. Elle repose aussi sur la capacité du dirigeant à s’entourer de collaborateurs compétents, à déléguer et à créer un environnement de travail équilibré. Le bien-être des équipes fait aujourd’hui partie intégrante de notre culture d’entreprise et j’y suis particulièrement attentif.
Comment préserver cet équilibre en période de surcharge de travail ? Quelles sont les astuces, les actions, les outils à mettre en place ?
Je pense qu’il ne faut pas subir ce type de situation, mais être acteur. Je dirige aujourd’hui six entreprises. Cela pourrait être une raison supplémentaire de travailler en permanence, mais j’ai au contraire choisi de structurer mon organisation pour préserver mon équilibre et celui de mes équipes.
Pour ma part, je me suis fixé une heure de fin de journée à 17h30 et je respecte cet horaire quotidiennement. Cette décision m’oblige à rester concentré sur l’essentiel et à travailler de manière plus efficace. Lorsqu’un dossier n’est pas terminé, j’accepte qu’il soit repris le lendemain plutôt que de rallonger ma journée : il devra de toute façon être finalisé, alors autant être le plus productif possible dans le temps imparti.
La clé réside dans une organisation rigoureuse, une planification claire des tâches et une délégation adaptée. Cet équilibre, je souhaite aussi qu’il bénéficie à mes collaborateurs. Nous avons mis en place un fonctionnement souple qui permet à chacun d’adapter ses horaires selon ses besoins, tout en respectant le cadre collectif. L’important pour moi est que chacun puisse concilier sereinement ses responsabilités professionnelles et sa vie personnelle.
J’accorde également une grande importance à la notion de retour sur investissement (ROI), y compris appliquée à l’organisation du temps de travail. Je me pose systématiquement la question de la valeur réelle d’une mission : cette tâche est-elle réellement attendue par le client ou facturée ? Si la réponse est non, il est légitime de s’interroger sur sa pertinence, voire sa réalisation.
N’avez-vous jamais ressenti de sentiment de culpabilité de consacrer moins de temps à votre entreprise ? Si oui, comment l’avez-vous dépassé ?
Honnêtement, j’ai davantage ressenti ce sentiment lorsque j’étais salarié. Il m’est arrivé de culpabiliser en quittant le bureau avant mon responsable ou avant certains collègues. Dans certains environnements professionnels où la présence est particulièrement valorisée, il peut être plus difficile de déconnecter sans avoir le sentiment de négliger son travail.
Depuis que je suis dirigeant, je vois les choses différemment. L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle fait partie de mes principes de fonctionnement et de ceux que nous partageons dans l’entreprise. Lorsque le cadre est clair pour tous, c’est plus facile. Par exemple, pour pouvoir déconnecter et partir sereinement en vacances, j’ai mis en place avec mes équipes un code d’alerte qui me permet d’être contacté uniquement en cas d’urgence.
Plus d’un entrepreneur sur deux n’a aucune activité de détente dans la semaine, et près de 9 sur 10 restent connectés le soir, le week-end ou pendant les vacances*. Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur pour s’autoriser à déconnecter et faire de ce droit à la déconnexion une habitude durable ?
Mon premier conseil serait tout simplement d’essayer. Se fixer un cadre, définir quelques règles simples et s’y tenir constitue déjà une première étape importante.
L’hyperconnexion peut rapidement devenir une habitude difficile à remettre en question. Pourtant, apprendre à se déconnecter est bénéfique pour sa santé, son entourage et son entreprise. Un dirigeant reposé prend généralement de meilleures décisions qu’un dirigeant constamment sollicité. Il existe de nombreuses ressources et formations sur la gestion du temps, le bien-être ou encore la déconnexion. Chacun peut ainsi trouver la méthode qui lui convient.
Enfin, le sport, la lecture, les activités culturelles ou encore l’engagement associatif sont d’excellents moyens d’installer durablement des moments de déconnexion dans son quotidien.
*(source : Enquête sur la santé du dirigeant élaborée par Harmonie Mutuelle et Réseau Entreprendre®)
Pour aller plus loin et prendre soin de votre santé , consultez notre guide élaboré en partenariat avec Harmonie Mutuelle.
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